En bref
- L’apnée du sommeil touche près de 8 % des adultes, et 2 % des enfants, provoquant ronflements sévères, pauses respiratoires et somnolence diurne.
- Premier réflexe : consulter un médecin généraliste pour un premier diagnostic et une orientation ciblée.
- Les spécialistes sollicités sont : somnologue (expert du sommeil), pneumologue (voies respiratoires), ORL (nez, gorge), neurologue (troubles nerveux) et dentiste (appareils buccaux).
- Le diagnostic repose sur des examens comme la polysomnographie et la polygraphie ventilatoire nocturne.
- Un bilan complet, précis et pluridisciplinaire permet d’accéder rapidement à un traitement efficace adapté à chaque cas.
Quels spécialistes consulter en cas d’apnée du sommeil ?
Un médecin généraliste constitue le premier interlocuteur face à des ronflements intenses, épisodes de fatigue diurne ou sommeil peu réparateur. 85 % des diagnostics débutent ainsi, selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance. Dès la première consultation médicale, le praticien interroge sur les symptômes nocturnes et diurnes, vérifie les facteurs de risque (IMC, tour de taille, pression artérielle) et décide d’une orientation vers un spécialiste adapté.
Le somnologue intervient lors des suspicions avérées de troubles du sommeil. Ce spécialiste, accessible dans de nombreux centres du sommeil depuis 2025, réalise des examens approfondis comme la polysomnographie (analyse l’activité cérébrale, respiratoire et musculaire sur une nuit entière) ou la polygraphie ventilatoire nocturne. Ces tests permettent de chiffrer la sévérité du syndrome d’apnée du sommeil : l’indice d’apnées/hypopnées (IAH) détermine s’il est léger (5 à 15/h), modéré (16 à 30/h) ou sévère (> 30/h).
Rôle des spécialistes selon la cause des apnées du sommeil
Quand l’apnée résulte de pathologies respiratoires (asthme, BPCO ou nez bouché), le pneumologue prend le relais pour adapter le traitement apnée (ventilation, gestion des causes). L’ORL (oto-rhino-laryngologiste) investigue les troubles anatomiques tels que déviation nasale, hypertrophie des amygdales ou micro-mandibule, et propose un traitement ciblé, parfois chirurgical.
Pour les formes liées à des pathologies neurologiques (accident vasculaire cérébral, maladie neurodégénérative), le neurologue intervient pour coordonner la prise en charge globale. Les dentistes diagnostiquent, quant à eux, les causes bucco-dentaires et conçoivent des orthèses sur mesure (portées la nuit) pour libérer les voies respiratoires. Cette approche multidisciplinaire optimise le pronostic.
Les personnes souffrant également de troubles psychiques associés, tels que l’anxiété ou la dépression, peuvent bénéficier de l’accompagnement d’un psychiatre ou psychologue en lien avec le parcours de soin global. Pour les enfants présentant des ronflements intenses ou des pauses respiratoires, l’avis d’un ORL pédiatrique est recommandé. Découvrez tous les symptômes et traitements de l’apnée du sommeil chez l’enfant.
Démarche diagnostique et prise en charge : étapes clés
Le diagnostic d’apnée du sommeil commence par l’identification des symptômes : ronflement sévère (95 % des cas), somnolence diurne, sommeil agité, céphalées matinales et troubles de l’humeur. Un bilan du sommeil s’impose en cas de suspicion clinique, à réaliser dans un centre spécialisé (liste disponible sur le site de l’INSV).
La polysomnographie dure entre une nuit et 24 heures, coûte environ 350 à 800 €, remboursée sur prescription médicale. Cet examen enregistre l’ensemble des paramètres nécessaires pour établir la sévérité du syndrome d’apnée du sommeil et orienter la prise en charge. Un traitement de l’apnée sévère par ventilation en pression positive continue (PPC) ou orthèse peut améliorer la qualité de vie jusqu’à +50 % après 3 mois (source : HAS, 2024).
Solutions et suivi : garantir l’efficacité du traitement
Le suivi médical s’avère essentiel pour adapter le traitement au fil du temps. Les experts recommandent au moins une visite annuelle de contrôle en centre du sommeil pour vérifier l’efficacité, ajuster la ventilation ou l’orthèse, et prévenir les effets secondaires courants (voir les effets secondaires de la PPC). Pour compléter le parcours de soin, des approches complémentaires telles que traitements naturels ou exercices de yoga peuvent favoriser la réduction des troubles du sommeil.
Certains centres proposent aussi des solutions modernes comme les implants Inspire ou les orthèses dentaires sur mesure. Adapter son hygiène de vie (réduction de l’IMC, limitation de l’alcool le soir, régularité des horaires de coucher) optimise aussi la réponse au traitement.



